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Accompagner la Vie jusqu'au bout

Je vous partage un sujet qui me tient à cœur, un sujet de réflexion complexe et paradoxal, celui d’accompagner la Vie jusqu’au bout.

J’ai lu récemment le livre d’Elsa Walter « À vous je peux le dire. Écouter les mots de la fin » chez Flammarion et il m’a beaucoup intéressée.

Elsa a choisi de devenir bénévole à l’hôpital et se rend chaque semaine au chevet de personnes gravement malade. C’est une activité encadrée par une association et réglementée. Elle a écrit ce livre pour témoigner des paroles prononcées lors de ses visites, simplement, et de rendre visibles ces personnes alors qu’elles sont bien souvent invisibilisées aux yeux de la société.

Je recommande cet ouvrage aux personnes qui vivent des drames ou qui souhaitent aider ceux qui en vivent.

Ce livre m’a intéressée à plusieurs titres. Tout d’abord il parle sans tabou de la fin de vie et de l’accompagnement des personnes qui arrivent à cette étape, quel que soit leur âge. Cela fait écho à une dimension importante que j’ai longtemps cherché et que j’ai trouvé dans l’Analyse TriDimensionnelle, la dimension existentielle.

En effet, l’ATD (Analyse TriDimensionnelle), approche thérapeutique intégrative, postule la ternarité de l’Être Humain, Corps, Âme, Esprit, en donnant une juste place à la notion de Source de Vie en chacun. Chacune de ces dimensions a autant d’importance que les autres et les trois sont reliées entre elles, aucune ne pouvant exister sans les deux autres.

J’ai toujours su intuitivement qu’il devait exister autre chose que le corps et la tête (la dimension pensante), quelque chose de profond, impalpable et pourtant tellement important. J’ai longtemps cherché cette dimension. Lorsque j’ai découvert l’ATD, ce fût une révélation : Une méthode thérapeutique qui tient compte de la dimension existentielle de l’humain. Dès lors, j’ai commencé à me former à l’Analyse TriDimensionnelle.

Depuis j’ai connu divers moments de ma vie pour lesquels cette dimension a eu toute sa place et sa valeur.

Car, lorsque l’on perd un être cher, auquel on est profondément attaché, il est difficile de voir le corps se dégrader et la personne ne plus être en capacité d’échanger. J’ai pu expérimenter qu’il y a un Souffle de Vie jusqu’au dernier souffle physique de la personne et cela change radicalement le rapport que l’on peut avoir avec la fin de vie. Cela n’exclut pas les souffrances, qu’elles soient physiques ou morales pour la personne qui s’en va et son entourage mais permet un autre regard sur cette Vie qui se termine. Regarder l’autre Vivant jusqu’au bout.

J’ai pu aussi expérimenter ce regard pour des personnes que je ne connaissais pas lorsque je suis intervenue, en suppléance du psychologue titulaire, en Ehpad au début de la COVID-19. J’ai vraiment perçu la différence lorsque je regardais les résidents avec cette ouverture-là, pour eux et pour moi. Je sentais un certain apaisement en eux et une certaine quiétude pour moi. J’ai pu voir combien les soignants, qui ont à cœur d’aider leur prochain, peuvent être mis à mal, lors des fins de vie. Lorsque le corps est à bout de force et la tête ailleurs, parfois dans un délire qui aide à tenir, il est difficile pour les professionnels de garder la juste distance qui leur permet de soigner sans basculer dans l’indifférence ou alors en être tout affecté.

Une partie de l’épuisement des soignants peut venir de cette difficulté-là, lorsqu’ils sont confrontés à l’impuissance de l‘inexorable de la fin de vie.

Cela m’a également interpellée à un autre titre, celui de s’autoriser à aller rencontrer l’autre jusqu’au bout.

J’ai été de nombreuse fois confrontée à de telles situations, où j’ai appris que des personnes que j’appréciaient étaient gravement malades, voire en fin de vie. C’étaient toujours des personnes que j’appréciaient énormément mais certaines avec qui je n’avais pas noué de liens très intimes, d’autres avec lesquelles les relations s’étaient espacées. Comment oser aller rendre visite à ces personnes à ce moment-là ?

La plupart du temps, je n’ai pas osé franchir le pas. Sûrement par peur que ma visite puisse être mal interprétée, peur de déranger, que la personne n’apprécie pas ma visite… Alors le quotidien fait que je ne me suis pas arrêtée pour visiter ces personnes malades. J’ai toujours regretté de ne pas y être allée.

J’entends différents cheminements, idées et réflexions autour de la question avec des propos parfois violents qui traduisent combien le sujet fait violence aux personnes qui y sont confrontées.

La question est complexe, difficile et surtout singulière car, il y a, je pense, autant de rapports à la mort que de rapports à la vie.

Mon premier post peut sembler sombre, pourtant il véhicule un message positif, celui de la Vie, qui est présente depuis le désir d’enfant, qui advient et prend corps, jusqu’au dernier souffle de cet Être sur cette Terre. Accueillir la mort fait partie de la Vie pour peu que cela soit vécu comme tel.

Dans mon cabinet je suis attentive à l’accueil de cette dimension du Vivant en chacune des personnes que j’accompagne, quel que soit le cadre, et cela m’anime profondément.

Le but de ce post est d’apporter un regard un peu différent sur la Vie, l’accueil de celle-ci du début jusqu’à la fin, ouvrir à une autre réflexion.

Et si vous avez envie d’avoir ce regard TriDimensionnel sur l’Humain, je vous encourage à venir vous former à l’Analyse TriDimensionnelle. Vous pourriez commencer par faire un Cycle I en ATD qui permet, en deux jours et quinze heures de formation, une compréhension simple et globale des enjeux de la relation humaine avec des outils concrets à appliquer pour pacifier son rapport aux autres et à soi-même.

Je vous souhaite d’apprécier d’être Vivant, vous, tout simplement.

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